Qualité de l’eau

Illustration : qualité de l’eau

Notre constat

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’eau douce accessible est rare :

Infographie OIEau : part de l’eau douce sur Terre

C’est pour cette raison qu’il est important de la préserver.

Or, sa qualité ne cesse de se détériorer : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/09/21/pesticides-20-des-francais-ont-recu-de-l-eau-potable-non-conforme-en-2021_6142608_3244.html

Modifier les seuils est une solution temporaire qui ne règle pas le problème de fond :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/10/12/le-relevement-des-seuils-rend-l-eau-de-millions-de-francais-a-nouveau-conforme-aux-normes-de-qualite_6145486_3244.html

Le problème avec l’analyse de la pollution de l’eau, c’est que l’on ne trouve que ce que l’on cherche. Et plus nos connaissances sur le sujet s’améliorent, plus nous découvrons l’ampleur des dégâts.

Avec les polluants éternels, la liste des problèmes s’allonge et la facture s’amplifie :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/31/decontaminer-l-eau-potable-des-residus-de-pesticides-et-des-pfas-pourrait-couter-jusqu-a-5-7-milliards-d-euros-par-an-selon-un-rapport_6737169_3244.html

31 000 personnes sur 42 communes du nord-ouest de l’Aube sont déjà grandement concernées par la pollution de l’eau et je crains que cela ne soit que le début d’un phénomène qui va nous coûter cher : https://www.lest-eclair.fr/id770235/article/2025-12-07/construction-dun-pipeline-deau-potable-entre-troyes-et-le-nord-ouest-du

Sources : ARS, agences de l’eau et préfectures (données compilées par Le Monde, 2022), ANSES, mission interministérielle IGEDD/IGAS/IGF/CGAAER (rapport 2026), Syndicat départemental des eaux de l’Aube (SDDEA, rapport 2024).


Nos propositions

Face à la dégradation continue de la qualité de l’eau et à ses conséquences concrètes pour les habitants, il faut agir à la fois sur les causes et sur les conséquences.

Traiter les causes des pollutions plutôt que déplacer le problème

Les seuils doivent être révisés sur la base de la santé publique, jamais sur la base de la conformité administrative : relever un seuil pour rendre une eau « conforme » sans changer sa composition est une fraude statistique qu’il faut interdire. Il faut aussi accélérer la sortie des pesticides et des molécules à l’origine de résidus persistants, métabolites et PFAS compris, en s’appuyant sur le principe pollueur-payeur plutôt que sur le seul report de la charge vers les collectivités et les usagers. Cela suppose de soutenir une réglementation nationale et européenne plus stricte sur ces substances « éternelles », avec une interdiction progressive des usages non essentiels et une traçabilité des rejets industriels.

Faire payer la pollution à ceux qui la causent

Le principe pollueur-payeur doit être réellement appliqué dans le financement des agences de l’eau, aujourd’hui trop souvent supporté par la facture d’eau des ménages. Une contribution spécifique des metteurs sur le marché de substances PFAS et pesticides pourrait être créée et fléchée vers la dépollution, plutôt que de laisser les 5,7 milliards d’euros annuels de décontamination retomber sur les seuls contribuables locaux. Les aides publiques agricoles et industrielles devraient par ailleurs être conditionnées à des engagements vérifiables de réduction des intrants polluants.

Mieux connaître pour mieux agir

Les capacités d’analyse doivent être étendues, en nombre de molécules recherchées comme en fréquence des contrôles, car « on ne trouve que ce que l’on cherche » : chaque progrès analytique révèle une pollution déjà présente, pas une pollution nouvelle. Les données de qualité de l’eau doivent devenir réellement publiques et lisibles, commune par commune, pour que chaque habitant sache ce qu’il boit. Les agriculteurs doivent être associés à la solution plutôt qu’à la seule accusation, à travers des diagnostics de bassins versants, un accompagnement technique vers des pratiques moins polluantes et une reconnaissance de leur rôle dans la préservation de la ressource.