Notre constat
L’air que nous respirons chaque jour n’est pas un simple décor : c’est un déterminant direct de notre santé et de notre espérance de vie. En France, la pollution atmosphérique n’est pas un problème lointain ou abstrait : elle tue, chaque année, des dizaines de milliers de personnes.
Une réalité chiffrée, trop souvent ignorée
Selon Santé publique France, l’exposition chronique aux particules fines (PM2,5) est responsable d’environ 40 000 décès prématurés par an en France métropolitaine, soit près de 7 % de la mortalité totale du pays. À cela s’ajoutent près de 7 000 décès supplémentaires attribuables au dioxyde d’azote (NO2), principalement lié au trafic routier.
Concrètement, cette exposition se traduit par une perte d’espérance de vie moyenne de près de huit mois pour chaque habitant. Ce ne sont pas des statistiques abstraites : ce sont des voisins, des parents, des enfants, dont la vie est écourtée par un air que nous continuons collectivement à dégrader.
Des maladies qui s’ajoutent aux décès
Au-delà de la mortalité, la pollution de l’air aggrave ou provoque chaque année des dizaines de milliers de cas d’asthme, d’infections respiratoires, d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus, de bronchopneumopathies chroniques et même certains cancers du poumon. C’est donc aussi un enjeu de qualité de vie et de dépenses de santé pour l’ensemble de la collectivité.
Une amélioration possible, déjà amorcée
Les efforts engagés depuis une quinzaine d’années montrent que la situation peut évoluer favorablement : dans certaines régions, l’impact des particules fines sur la mortalité a diminué de près de 40 % en une décennie. Cette baisse prouve qu’une action déterminée (réduction des émissions industrielles et agricoles, transition des mobilités, meilleure planification urbaine) produit des résultats mesurables et sauve des vies.
Un enjeu qui nous concerne tous
Protéger la qualité de l’air, ce n’est pas seulement une question environnementale : c’est une politique de santé publique à part entière. Cela concerne aussi bien les zones urbaines, où le trafic et le chauffage pèsent lourd, que les territoires ruraux, confrontés à d’autres sources de pollution comme certains intrants agricoles ou le brûlage de déchets verts.
Chacun, à son échelle, que l’on soit citoyen, élu local, agriculteur ou salarié d’une entreprise, a un rôle à jouer pour faire reculer ces chiffres. Continuer d’agir pour un air plus sain, c’est agir directement pour la santé et l’espérance de vie de tous.
Sources : Santé publique France (étude 2016-2019, publiée en 2021 puis actualisée en 2025), Airparif, ORS Île-de-France.
Nos propositions
Transports et mobilités
Accélérer le remplacement des vieux véhicules dans les territoires ruraux via un bonus/prime à la conversion renforcé et modulé au revenu, pour éviter que les ZFE ne pénalisent injustement les habitants qui n’ont pas d’alternative aux transports en commun.
Développer le covoiturage et le transport à la demande en zone rurale, en soutenant financièrement les intercommunalités qui mettent en place ces solutions. C’est souvent le premier frein à la baisse du trafic routier hors métropoles.
Accompagner, plutôt que sanctionner, les ZFE : demander un bilan d’étape au Sénat sur leur efficacité réelle et leur acceptabilité sociale, avant tout durcissement.
Chauffage et bâtiment
Accélérer le remplacement des cheminées et poêles à bois non performants, première source de particules fines en hiver, via un fonds air-bois renforcé et mieux doté dans les zones concernées.
Conditionner MaPrimeRénov’ à un objectif qualité de l’air, pas seulement énergétique, pour que la rénovation thermique serve aussi à réduire les émissions de particules.
Agriculture
Soutenir techniquement et financièrement l’épandage par pendillards ou l’enfouissement des effluents, qui réduit fortement les émissions d’ammoniac (NH3), via les aides PAC et les fonds régionaux, pas seulement par la contrainte réglementaire.
Encadrer plus strictement le brûlage à l’air libre des résidus agricoles, en donnant aux agriculteurs des solutions de valorisation alternative (méthanisation, broyage) plutôt qu’une interdiction sèche.
Renforcer le suivi des produits phytopharmaceutiques dans l’air, en soutenant les capacités de mesure des AASQA (type Airparif/ATMO) sur les zones rurales, aujourd’hui sous-instrumentées par rapport aux villes. C’est important pour préserver la santé des enfants qui vivent en zone rurale et qui sont de ce fait sur-exposés.
Industrie
Durcir le contrôle des rejets industriels dans les zones où les seuils sont dépassés, en donnant plus de moyens humains aux DREAL pour les inspections.
Mettre en place des systèmes d’analyse de la qualité de l’air en temps réel dans les zones industrielles, contrôlés par les Préfectures. Nous avons fait d’énormes progrès durant ces dernières décennies et ce type de réseau de détection à base d’IoT est relativement peu cher.
Conditionner les aides à la réindustrialisation à des exigences de sobriété en émissions dès la conception des sites.