Notre constat
La viticulture est un poumon économique essentiel dans notre région et cette activité est menacée par le dérèglement climatique. Elle pesait 6.9 milliards d’euros en 2023 dont 6.4 milliards d’euros pour l’appelation Champagne.
En 2026, les vignes ont été exposées au gel printanier, subit des vagues de chaleurs et du stress hydrique. Sur l’appellation Champagne, il y a de bons résultats en termes de qualité, mais globalement en termes de quantités, le résultat est faible avec de grandes disparités. https://www.facebook.com/france3champagneardenne/videos/des-vendanges-2026-hors-normes-en-champagne-/3228225520712391/
Nos propositions
Travailler à l’adaptation des différents cépages au dérèglement climatique
Le réchauffement est avéré et mesuré : la température moyenne a gagné 1,1 °C en trente ans et les vendanges ont avancé de 18 jours par rapport au repère historique de la mi-septembre. En 2026, le ban a été fixé au 12 août, un record de précocité.
Les équilibres du vin changent : en 20 à 30 ans, le degré moyen a gagné 0,8 point et l’acidité totale a perdu 1,3 g/l, surtout par la baisse de l’acide malique. En 2026, une dérogation inédite autorise même des champagnes jusqu’à 15°.
Le trio historique domine toujours : Pinot noir, Meunier et Chardonnay couvrent 99,7 % des surfaces. Le Chardonnay garde bien sa fraîcheur mais craint le gel, le Meunier débourre plus tard et le Pinot noir est le plus sensible à la chaleur.
Les cépages anciens sont une piste marginale : Arbane, Petit Meslier, Pinot blanc et Pinot gris restent autorisés parmi les huit cépages du cahier des charges. Certains, comme le Petit Meslier, conservent une belle acidité.
Le Voltis est une première : cet hybride résistant au mildiou et à l’oïdium a été validé par l’INAO en 2022, comme première variété non vinifera en AOC. Il est limité à 5 % des surfaces (10 % en zone de non-traitement) et 10 % de l’assemblage, et la décision définitive est attendue en 2033.
Fort heureusement, la recherche variétale est engagée de longue date : la Champagne participe au programme ResDur de l’INRA depuis 2010. Elle mène aussi son propre programme de création variétale depuis 2014, avec un horizon de 15 à 20 ans.
Les leviers viticoles complètent le choix des cépages : depuis 2023, les vignes semi-larges (jusqu’à 2 m entre les rangs) sont autorisées pour mieux résister au gel et au stress hydrique. S’y ajoutent la gestion du feuillage, le choix des porte-greffes et des clones, et la réserve interprofessionnelle.
Comme on peut le constater, de nombreuses pistes sont travaillées. Les efforts doivent être maintenus et de nouvelles pistes doivent être explorées afin de maximiser nos chances de succès.
Lutter contre la flavescence dorée, faciliter sa détection
La flavescence dorée est une maladie grave de la vigne, causée par un phytoplasme (une bactérie sans paroi cellulaire) transmis par un insecte vecteur, la cicadelle Scaphoideus titanus. Une fois infectée, la plante présente des symptômes caractéristiques : jaunissement ou rougissement du feuillage selon les cépages, enroulement des feuilles, dessèchement des grappes et absence de lignification des rameaux, qui restent souples et retombants. Sans traitement, la maladie se propage rapidement au sein du vignoble et peut conduire au dépérissement puis à la mort du pied de vigne, sans qu’aucun remède curatif n’existe à ce jour. Classée comme organisme de quarantaine, la flavescence dorée fait l’objet d’une lutte obligatoire en France : prospection systématique des parcelles, arrachage des ceps contaminés et traitement insecticide contre le vecteur dans les zones où la maladie est présente. Cette contrainte, bien que nécessaire à la sauvegarde du vignoble, pose la question de l’accompagnement des viticulteurs et de la recherche d’alternatives moins dépendantes des insecticides pour contenir la propagation de l’insecte vecteur.
La flavescence dorée est une maladie de la vigne sous haute surveillance : https://www.lunion.fr/id827276/article/2026-09-11/le-meilleur-moyen-cest-le-preventif-la-champagne-plongee-en-pleine-prospection
En effet, un épisode plus ancien a laissé des traces profondes dans les mémoires : il s’agit de la crise du phylloxéra, survenue en France dans la seconde moitié du XIXe siècle, et qui a détruit près de 2,5 millions d’hectares de vignes et a failli anéantir la viticulture européenne.