Agriculture

Illustration : agriculture

Nos constats

Impacts du dérèglement climatique sur la production agricole nationale en 2026

Voici une image saisissante envoyée par un ami et tirée d’un article du journal l’Union :

Infographie : rendements agricoles 2026

Comme le disait M. Leroy, Président du Conseil Régional du Grand Est à l’occasion de l’inauguration de la foire de Châlons-en-Champagne : le dérèglement climatique est rentré dans nos quotidiens et dans nos comptes…

Dans l’Aube, nous avons la chance de bénéficier de cultures comme le chanvre qui ne demande pas d’arrosage ni de traitements. Néanmoins, quels sont les impacts de cette succession de vagues de chaleur sur ces cultures ?

Et la vigne ? J’ai entendu de bons résultats par endroit en termes de qualité, mais globalement en termes de quantités, le résultat est faible avec de grandes disparités. https://www.facebook.com/france3champagneardenne/videos/des-vendanges-2026-hors-normes-en-champagne-/3228225520712391/

Encore une fois, nous devons nous adapter.

Est-il opportun de continuer à cultiver du maïs alors que nous manquons d’eau ?

Protection contre la concurrence déloyale venant de l’étranger

La concurrence de produits agricoles importés de pays autorisant des substances phytosanitaires interdites en France ou dans l’Union européenne place les producteurs locaux dans une situation intenable. Ces derniers doivent respecter des normes environnementales et sanitaires strictes, engendrant des coûts de production que leurs concurrents étrangers n’ont pas à supporter. Ce déséquilibre favorise un véritable dumping réglementaire, où les marchandises les moins vertueuses sur le plan sanitaire deviennent les plus compétitives sur le prix. Pour y remédier, la mise en place de « clauses miroirs », exigeant que les produits importés respectent les mêmes normes de production que celles imposées aux agriculteurs européens, apparaît comme un outil de justice économique et écologique. Une telle protection profite non seulement aux exploitants, mais aussi aux consommateurs, exposés autrement à des résidus de pesticides prohibés sur leur propre territoire.

C’est une approche gagnant-gagnant.

Cela fonctionne et cela doit-être généralisé : https://www.20minutes.fr/societe/4242053-20260901-pourquoi-union-europeenne-va-suspendre-importation-viande-bresilienne

L’autre approche qui consiste à ré-autoriser des produits dont on sait la dangerosité pour les écosystèmes et la santé humaine est un nivellement par le bas et une impasse. Penser qu’il n’y aura pas de conséquences est complètement illusoire. À la fin, il y a toujours quelqu’un qui paye.

Et l’on ne peut pas exiger de notre système de santé qu’il doive assumer encore plus de dépenses !

Autre challenge : la transmission des exploitations agricoles

Un nombre impressionant d’agriculteurs vont partir à la retraite ces prochaines années. La transmission des fermes constitue donc aujourd’hui l’un des défis majeurs de l’agriculture française. C’est en effet près d’un agriculteur sur deux qui est appelé à partir à la retraite dans la décennie à venir, et c’est une part considérable des exploitations qui se retrouve sans repreneur identifié : au niveau national, seul environ un quart des chefs d’exploitation de plus de 60 ans a identifié un successeur.

Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs conjugués : la pénibilité du métier et l’incertitude des revenus qui découragent les vocations, le coût croissant du foncier et du matériel qui rend l’installation financièrement inaccessible pour de nombreux candidats, ainsi que le désintérêt d’une partie des enfants d’agriculteurs pour la reprise de l’exploitation familiale.

Cette situation fait peser un risque réel sur la souveraineté alimentaire et sur le maintien du tissu rural, chaque ferme non reprise pouvant conduire à un agrandissement des exploitations voisines, à un changement d’usage des terres, voire à leur artificialisation.

Un pays sans paysans est un pays engagé sur une pente dangereuse pour son avenir !

Nos propositions

Qualité des produits importés

Renforcer les contrôles sur la qualité des produits agricoles importés et refuser systématiquement ce qui ne respecte pas nos standards de qualité. Il y a eu récemment des amendes record pour les centrales d’achats qui s’évertuent à essayer de contourner la loi Egalim, loi qui je le rappelle permettent d’ouvrir des marchés à nos agriculteurs.

Renforcement des clauses miroirs

C’est quelque chose qui se joue principalement au niveau Européen. Néanmoins, il est nécessaire que toute la classe politique, tous bords confondus, pousse dans ce sens-là.

Transmission des exploitations

Un guichet unique de la transmission
Créer un point d’entrée unique (physique et numérique) réunissant chambres d’agriculture, SAFER, banques, notaires et fiscalistes, pour accompagner cédants et repreneurs dès 3 à 5 ans avant le départ à la retraite — au lieu de la dispersion actuelle des démarches.

Un statut fiscal dédié à la transmission progressive
Faciliter juridiquement et fiscalement les formules de transmission par étapes (portage du foncier, entrée progressive au capital, tutorat rémunéré du cédant), pour lisser le risque financier du repreneur et sécuriser le revenu du cédant pendant la phase de passation.

Un fonds de garantie régional pour l’installation
Mettre en place ou renforcer des mécanismes de garantie publique/mutualisée sur les prêts d’installation, afin de réduire l’apport personnel exigé par les banques, souvent le premier frein pour les repreneurs hors cadre familial.

Une priorité au foncier agricole via les SAFER
Renforcer les moyens de veille et de préemption des SAFER pour affecter en priorité le foncier libéré à l’installation agricole plutôt qu’à l’agrandissement ou à l’artificialisation, avec une transparence accrue sur les cessions.

Un répertoire départemental des cédants et repreneurs
Structurer et faire vivre une bourse locale mettant en relation exploitants sans successeur familial et candidats à l’installation (jeunes agriculteurs, reconversions), avec un accompagnement humain et pas seulement une plateforme.

Un accompagnement spécifique hors cadre familial
Développer des dispositifs de formation-tutorat pour les repreneurs non issus du milieu agricole, qui représentent une part croissante des installations mais manquent souvent de réseau et de compétences techniques initiales.

Une revalorisation des petites retraites agricoles liées au départ
Améliorer les conditions de retraite des cédants (notamment via des dispositifs type retraite progressive ou compléments ciblés) pour lever un frein psychologique et financier majeur : beaucoup d’agriculteurs retardent leur transmission faute de revenu de remplacement suffisant.

Électrification des exploitations

Il s’agit de produire de l’électricité grâce à un Agrivoltaïsme encadré qui ne dénature pas le métier d’agriculteur mais qui permette aux exploitants d’améliorer leur trésorerie et de se passer le plus rapidement possible d’énergies fossiles. Pour poursuivre dans cette démarche, il faudra aussi aider à l’électrification de la flotte de matériels agricoles.